« Notre profession est à la croisée de nombreux chemins, c'est pourquoi nous souhaitons contribuer aux travaux du Conseil »

Interviews
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Dans le cadre de l’élection du Conseil de l’Ordre du barreau de Paris des 30 novembre et 1er décembre 2021, Le Monde du Droit a interrogé les candidats Romain Dupeyré et Louise Tiry-Hesse.

Pourquoi vous présentez-vous ?

Le but est de faire bouger les choses. Notre profession est à la croisée de nombreux chemins, c'est pourquoi nous souhaitons contribuer aux travaux du Conseil. On y trouve beaucoup de leviers d'action, pour que le Barreau de Paris soit ouvert et dynamique, saisisse ces opportunités et accompagne ces bouleversements.

Nous voulons aussi plus de représentativité au sein de l'Ordre. Le Conseil doit représenter tous les avocats du barreau, et nos profils sont peu représentés. Louise est ainsi la plus jeune candidate à se présenter. Par ailleurs, le Conseil ne comporte pas non plus de collaborateur. Nous voulons ainsi recréer du lien entre l'Ordre et chaque avocat. La sonnette d'alarme a été tirée par de nombreux confrères qui ont déjà envisagé de quitter la profession : c'est inquiétant.

Pourquoi ce binôme ?

Nous avons travaillé ensemble au sein de plusieurs associations et savons que nous pouvons mutuellement compter sur la réactivité de l'autre. Profondément optimistes et enthousiastes, nous nous inscrivons dans la même dynamique d'action sur des sujets complémentaires : Louise est collaboratrice, je suis associé. Louise exerce dans un cabinet français de quatre avocats, moi dans un cabinet anglo-saxon d'une trentaine. Louise se consacre au contentieux et plaide plusieurs fois par semaine, ma pratique est avant tout dédiée à l'arbitrage et à l'assurance.

Quels sont les principales idées que vous voudriez défendre ?

L'an passé, Julie Couturier et Vincent Nioré ont été élus sur la base d'un programme fort, alliant une puissante défense de nos principes (secret, perquisitions…) et une nécessaire projection vers l'avenir, comprenant 5 axes principaux : le développement économique des cabinets, le jeune barreau, la défense des libertés, les avocats et les magistrats et le fonctionnement de l'Ordre. Associé d'un cabinet introduit en bourse et actionnaire de legaltech, Romain souhaite contribuer à ces initiatives.

Nous souhaiterions aussi nous impliquer sur les responsabilités sociale et environnementale de l'Ordre. Par exemple travailler à ce que la profession ouvre quelques postes de travail d'intérêt général pour soutenir certaines de ses missions, notamment d’accès au droit dans lesquelles Louise est engagée (Bus de la Solidarité, Avocats dans la Cité …), tout en contribuant à la réinsertion de délinquants en les associant à certaines initiatives. Louise souhaiterait également travailler sur des bonnes pratiques et accompagner les cabinets qui souhaitent réduire leur impact écologique.

Quelle est votre vision de l'avocat de demain ?

L'avocat de demain plaidera, conseillera, rédigera, stipulera, combattra, défendra, mais il le fera avec de nouveaux outils et avec un accès à une information toujours plus dense et volumineuse. Ainsi, nous pensons aujourd’hui devoir être curieux des initiatives des confrères, des attentes des clients et des autres professions. Nous devons donc renforcer la cohésion et la participation de tous dans la définition de ces nouvelles missions, pour que les confrères innovants ne se détournent pas de l’Ordre, mais aussi faire en sorte que nos règles suivent cette nécessaire évolution.

L'avocat de demain sera avocat, mais pas que. Une récente décision du CNB l'autorise même à être mandataire d’intermédiaire d’assurances. Des perspectives réjouissantes ! Nous aimerions, pour cela, que notre métier puisse s'exercer dans un environnement serein, à commencer par la mise en œuvre d'un dialogue permanent avec les autres acteurs de notre écosystème, qu'ils soient ainsi magistrats, greffiers ou juristes d'entreprise, afin que nous œuvrions tous dans le même sens.

Propos recueillis par Léa Verdure

L'annuaire du Monde du Droit