La durée moyenne des retards de paiement passe sous la barre des 11 jours

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La durée moyenne des retards de paiement atteint un niveau historiquement bas en France avec une moyenne de 11 jours alors que la moyenne européenne se situe autour de 13,2 jours.

Les retards de paiement poursuivent leur baisse au deuxième trimestre. La durée moyenne est passée sous le seuil des 11 jours selon l’étude trimestrielle d’Altarés.

Le dépassement des délais contractuels à un plus bas niveau historique en France depuis vingt ans

Il y a plus de vingt ans, le délai contractuel dépassait les 70 jours et le retard moyen approchait 20 jours. Aujourd’hui, le délai contractuel avoisine 50 jours et le retard tombe juste sous 11 jours. En vingt ans, les fournisseurs ont donc réussi à faire rentrer leur chiffre d’affaires un mois plus tôt.

« Réglementation, prévention mais aussi sanctions ont été essentielles pour accélérer l’encaissement des factures. Mais plus encore, c’est la prise de conscience du danger que fait peser le non-respect des délais de règlement sur le développement des entreprises qui sera la clé du changement durable des comportements de paiement. » explique Thierry Million, , Directeur des études d’Altares.

Au printemps 2015, le retard moyen de règlement des factures fournisseurs se situait à 13,6 jours. Il se réduisait d’une journée en début d’année 2016 (12,6 jours) puis tombait sous les 12 jours au cours du second semestre 2016. 2017 était placé sur les bons rails mais jamais encore le verrou des 11 jours n’avait sauté ; c’est désormais chose faite avec des retards à 10,93 jours.

En Europe, le seuil des 13 jours reste quant à lui toujours infranchissable (13,2 jours) mais l’intérêt est ailleurs. Le leader historique, l’Allemagne (6,8 jours) cède son fauteuil de champion au voisin néerlandais (5,9 jours) tandis que le Royaume-Uni (14,7 jours) amorce un retournement défavorable, contrairement à l’Espagne (11,9 jours) qui veut désormais disputer à la France la troisième marche du podium européen.

Le secteur privé poursuit ses efforts

Le secteur privé poursuit une amélioration plus sensible depuis le second semestre 2016, notamment dans les sociétés commerciales qui, sur un an, ont réduit leurs retards de paiement d’environ une journée. Les artisans (8,3 jours) sont les structures du privé respectant le mieux les délais de paiement. Les SARL se situent dans la moyenne (10,8 jours) et les SA demeurent au-dessus (12,1 jours).

Le secteur associatif peine davantage à améliorer ses comportements de paiement, en particulier dans les activités culturelles (12,5 jours).

Des disparités selon les secteurs

Le palmarès des secteurs les plus respectueux des délais de paiement est toujours dominé par le bâtiment dont près de 60 % des acteurs, beaucoup d’artisans, règlent leurs factures sans retard.

Parmi les activités dont plus de la moitié des structures payent à l’heure, nous trouvons les débits de boissons (59,5 %) et services de réparation à destination du particulier (58,7 %)

L’agriculture présente elle aussi plus d’un payeur sans retard sur deux (51,1 %), un taux lesté par l’élevage qui tombe sous les 50 % à 48,7 %.

À l’inverse, seulement le tiers environ des structures respectent les dates de facture dans le transport et logistique (28 %), l’information et communication (31,6 %) ou l’industrie (35 %).

Arnaud Dumourier (@adumourier)