Les 3 enseignements les plus surprenants d’un coach en anglais juridique en France

Communication
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Ken FaganKen Fagan est un « coach en anglais juridique » indépendant, homologué par le Conseil national des barreaux, installé en région parisienne. Ses cours peuvent donc être pris en compte dans le cadre de la formation continue des avocats. Il donne des cours d’anglais juridique (par téléphone / Skype) à des avocats et juristes. Auparavant, il a exercé pendant plus de vingt ans la profession de traducteur juridique indépendant, travaillant pour de nombreux cabinets d’avocats à Paris.

Question : Ken, au quotidien, qu’est-ce qui vous surprend le plus dans votre travail ?

Réponse : C’est le paradoxe suivant : de plus en plus d’emplois d’avocats et juristes français ont besoin de bien connaître l’anglais juridique, pourtant, le niveau d’anglais des candidats à ces postes est rarement vérifié lors de l’entretien d’embauche…

Quand mes clients me racontent comment s’est passé leur entretien d’embauche à un poste pour lequel l’anglais est demandé, je leur demande toujours s’il y avait des questions en anglais. Étonnamment, très souvent, ils me répondent qu’on ne leur a posé que très peu, voire aucune question en anglais !

Avec le temps, j’ai cherché à comprendre les raisons de ce paradoxe, et j’ai demandé à mes clients plus âgés (40-50 ans) s’ils pouvaient m’expliquer le pourquoi du comment. Selon eux, ce phénomène s’explique par le fait que, souvent, la personne qui conduit l’entretien n’est elle-même pas très à l’aise en anglais et craint de paraître moins douée en anglais juridique que le candidat…

Question : Les recruteurs ne peuvent-ils pas tout simplement regarder le CV du candidat pour voir s’il a vécu ou fait des études de droit à l’étranger ? Dans ce cas, ils pourraient partir du principe que le niveau d’anglais juridique du candidat est suffisant et qu’il n’a pas besoin d’être vérifié...

Réponse : Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples. J’ai appris à ne pas juger le niveau d’anglais d’une personne seulement d’après son CV. Selon mon expérience, il y a plusieurs raisons à cela :

  1. Ce n’est pas d’avoir vécu dans un pays anglophone (ni le nombre d’années passées dans ce pays) qui fait qu’une personne parle « couramment » l’anglais (ni même qu’elle en maîtrise les fondamentaux…). En particulier, mon expérience m’a appris qu’il faut vérifier plusieurs points :
    1. À quelle fréquence cette personne a-t-elle réellement parlé anglais (avec des anglophones natifs) pendant son séjour à l’étranger ? Souvent, les étudiants français nouent facilement des liens avec leurs compatriotes quand ils vivent à l’étranger (au détriment de leur anglais…). Parler anglais avec des non-anglophones, c’est mieux que rien, mais c’est bien moins utile que de parler avec des natifs (et de se faire corriger par eux).
    2. Si cette personne a fait des études de droit à l’étranger, quel diplôme a-t-elle obtenu ? Certains cursus sont plus exigeants que d’autres… En outre, certains masters étrangers comptent plusieurs étudiants français parmi leurs effectifs : la tentation est grande de passer du temps ensemble au lieu de pratiquer l’anglais !
    3. Quel était le niveau d’anglais de cette personne avant qu’elle parte vivre dans un pays anglophone ? Si la personne n’était pas très à l’aise en anglais avant de partir à l’étranger, elle ne parlera probablement pas couramment l’anglais après seulement un ou deux semestres passés dans un pays anglophone.
    4. Quand (en quelle année) le candidat a-t-il obtenu son master ? Un proverbe anglais dit que faute de pratique, les capacités se perdent. Je suis souvent contacté par des avocats qui ont passé un master en droit à l’étranger il y a plusieurs années, mais qui ne se sentent plus suffisamment à l’aise en anglais et veulent retrouver un bon niveau.
  2. Contrairement à une opinion répandue, les avocats qui travaillent dans des cabinets anglo-saxons (ou dans les grands cabinets français) ne parlent pas tous couramment ou suffisamment bien l’anglais.

Question : Ken, n’est-il pas plus facile, de nos jours, de maîtriser l’anglais « juridique » grâce à la prolifération / la disponibilité de sites de traduction (juridique) gratuits ?  

Réponse : Malheureusement, surtout en ce qui concerne les sites qui proposent des traductions juridiques, la qualité des « traductions » est souvent loin d’être parfaite, et ce pour deux raisons principales :

  1. La plupart des traductions sont tout simplement mauvaises (quel que soit le contexte).
  2. Les traductions données pourraient, dans certains cas seulement, s’avérer correctes, mais si vous consultez fréquemment ces sites, vous remarquerez (à condition d’être attentif et de maîtriser parfaitement l’anglais juridique) que le contexte des phrases proposées diffère du contexte de votre phrase. Résultat : parfois, il peut être dangereux d’utiliser leur traduction pour votre texte, parce qu’elle peut être factuellement erronée, entraîner des malentendus ou faire mauvaise impression, professionnellement parlant, auprès de votre client ou de vos collègues…

Question : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la méthodologie que vous utilisez dans vos cours d’anglais juridique ?

Réponse : Bien entendu ! Vous pouvez en savoir plus ici : http://kenfagan.com/methodologie/

Question : Où vos clients sont-ils implantés ?

Réponse : La plupart sont à Paris (http://kenfagan.com/cours-anglais-juridique-paris) et à Lyon (http://kenfagan.com/cours-anglais-juridique-lyon).

Question : Est-ce que vous tenez un blog d’anglais juridique ?

Réponse : Oui, je publie un article tous les mercredis matin. Les lecteurs peuvent s’abonner en cliquant ici : http://kenfagan.com/anglais-juridique-blog/. Mon blog porte essentiellement sur l’emploi des prépositions en anglais juridique. C’est un domaine difficile dans lequel beaucoup d’avocats et juristes français font encore des erreurs.

Question : Quelle est la meilleure façon de vous contacter pour des cours d’anglais juridique ?

Réponse : Par e-mail, à l’adresse kencfagan@gmail.com, parce que je suis la plupart du temps au téléphone ou sur Skype avec mes clients. Je demande aux personnes qui me contactent de remplir un petit questionnaire, tout d’abord pour m’aider à comprendre leurs besoins et ensuite pour savoir si je suis la personne qu’il leur faut pour les aider avec leur anglais juridique. Mon site : www.kenfagan.com